8 points à connaître pour protéger efficacement son entreprise

Une entreprise est soumise à différents types de risques liés à son activité et il faut réunir les éléments essentiels, dans le respect des normes de sécurité, qui permettent de supprimer ces risques, ou du moins de les diminuer au maximum. Il est essentiel de savoir que le risque zéro n’existe pas.

Quels sont ces risques et comment les entreprises peuvent-elles les gérer au mieux afin d’optimiser leur rentabilité ?

Les risques rencontrés par les entreprises

Les entreprises sont amenées à rencontrer différents facteurs qui peuvent empêcher la réalisation de leurs objectifs et avoir des conséquences sur leurs performances. Ces risques peuvent toucher :

  • Les personnes : Les salariés peuvent être victimes d’agressions verbales ou physiques.
  • Les biens : Les biens peuvent subir des sabotages, être volés ou vandalisés.
  • Les bâtiments : Les bâtiments peuvent connaître des dégradations dues à des cambriolages, des sabotages, les installations sont susceptibles d’être vandalisées. Il ne faut pas oublier non plus les risques d’incendie et d’inondation.
  • Les informations confidentielles : Les données relatives à l’activité de l’entreprise peuvent subir de l’espionnage industriel et être piratées informatiquement pour être revendues à des tiers. 

Il faut donc être capable d’identifier tous ces risques afin d’assurer au mieux la sécurité en entreprise. Pour protéger les salariés, les responsables d’entreprise sont dans l’obligation de réaliser un Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).

1/ Le DUERP pour la protection des employés

Les responsables d’entreprises sont chargés d’évaluer tous les risques concernant la santé et la sécurité des travailleurs. Ces risques sont liés à l’activité de l’entreprise qui dépend :

  • Des procédés de fabrication
  • Des équipements de travail
  • De l’aménagement des postes de travail
  • Des produits chimiques auxquels peuvent être exposés les employés
  • Du lieu de travail

Une fois l’évaluation achevée, l’employeur va mettre en place des actions de prévention ainsi que des procédés et méthodes de travail pour garantir une meilleure protection de la santé et sécurité des travailleurs. Ainsi, les résultats de cette évaluation sont retranscrits dans un DUERP.

L’évaluation sera différente si le salarié est un homme ou une femme.

Si une entreprise possède plusieurs établissements, un DUERP doit être rédigé dans chaque établissement.

2/ La rédaction du Document Unique

C’est l’employeur qui doit rédiger le DUERP. Cependant, ce document s’inscrivant dans une démarche de prévention, les instances du personnel, le CHSCT ainsi que les techniciens et salariés peuvent être conviés également.

Un employeur qui ne rédige pas de DUERP s’expose, en cas de contrôle effectué par l’inspection du travail, à des amendes. Celles-ci vont de 1500 à 3000 euros en cas de récidive !

Comment prévenir les risques en entreprise ?

La sécurité en entreprise peut être permanente ou temporaire en fonction des besoins. Avec un système de sécurité performant, une entreprise sera en mesure de protéger plus efficacement les employés, les biens et les locaux professionnels.

3/ Le système d’alarme

Un système d’alarme peut être installé en prévention des intrusions et des vols. Il s’agit d’un dispositif électronique composé de divers éléments dont le but va être de dissuader et faire fuir les individus malintentionnés tels que les cambrioleurs. Composé d’une centrale reliée à des détecteurs d’ouverture et détecteurs de mouvements, ce système de surveillance va réagir dès qu’un voleur va tenter d’ouvrir une porte ou une fenêtre par effraction, ou encore dès qu’un cambrioleur va passer devant les faisceaux !

4/ La protection des données

Les entreprises doivent veiller à protéger physiquement et électroniquement les données confidentielles. Les documents importants seront stockés dans des coffre-forts. L’accès au réseau internet doit être sécurisé car les hackers tentent régulièrement, et ce à des fins frauduleuses, de dérober des informations aux sociétés.

Il existe des logiciels pour prévenir les tentatives d’attaques et protéger les données sensibles comme Tripwire ou Logcheck qui vont permettre au service informatique des entreprises d’agir efficacement contre le piratage.

5/ La vidéo-surveillance

Le système d’alarme peut être associé à un équipement de vidéosurveillance qui sera composé de caméras pour filmer toute action qui va se passer au sein de l’entreprise, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Ce dispositif de transmission d’images permet de surveiller plusieurs lieux à distance et les opérateurs veillent plus facilement à la protection des biens et des employés.

Lors d’un déclenchement d’alarme dû à un détecteur de mouvements, les vidéos filmées peuvent être remontées et traitées par un centre de télésurveillance qui, en cas d’intrusion avérée, va aviser les forces de l’ordre et les responsables de l’entreprise.

La mise en place d’un système de sécurité tel que des caméras de surveillance va avoir un effet dissuasif.

Un employeur qui filme ses employés durant leurs horaires de travail est soumis à des obligations légales.

En effet, le responsable d’entreprise doit prévenir le comité d’entreprise, les salariés mais aussi faire une déclaration auprès de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés).

La vidéosurveillance ne doit pas être une pratique jugée abusive et cet équipement doit être justifié par l’activité et les besoins de l’entreprise.

6/ Le contrôle d’accès

Les dirigeants d’entreprise font régulièrement appel à des prestataires extérieurs, en l’occurrence des sociétés de gardiennage, pour assurer la sécurité des salariés et des biens et en prévention des intrusions. Des agents de sécurité placés à l’entré du site vont effectuer le contrôle des entrées et sorties. Ils sont souvent placés dans un poste de garde et effectuent un filtrage des personnes et des prestataires qui veulent entrer et sortir des bâtiments.

Ils possèdent le matériel de sécurité indispensable pour réaliser à bien leur mission: des PTI (Protection Travailleur Isolé, des équipements de communication comme des talkies-walkies et téléphones mobiles, des lampes torches…). Les agents de sécurité effectuent des rondes et ont un rôle de prévention des incendies, inondations, vols, vandalisme.

Les sociétés de gardiennage doivent obtenir une autorisation du CNAPS (Conseil National des Activités Privées de Sécurité) avant d’exercer leur activité. Ensuite, les employés, par exemple les agents de sécurité, posséderont chacun une carte professionnelle (qui devra être renouvelée tous les 5 ans) avec un numéro d’identification unique.

Si l’entreprise n’a pas d’agents de sécurité statique et que le système de surveillance détecte une anomalie, des rondiers intervenants, prévenus via le centre de télésurveillance au déclenchement de l’alarme, pourront se déplacer et effectuer une levée de doute pour connaître la cause du déclenchement.

7/ La protection physique des entreprises

En prévention des intrusions, les entreprises peuvent sécuriser les extérieurs des locaux en installant un portail et une clôture solides.

Des panneaux indiquant la présence d’une société de gardiennage sur le site et d’un système de vidéosurveillance doivent être placés en évidence afin de d’empêcher toute tentative d’effraction.

Des dispositifs d’éclairage automatiques seront placés tout autour du site et s’allumeront dès qu’une personne passera à proximité des capteurs.Des portes blindées barreront les accès et des barreaux seront installés devant les fenêtres. Les vitres pourront être renforcées par des films anti-effractions.

Des dispositifs électroniques pour une meilleure sécurité au sein de l'entreprise.

8/ La protection électronique des entreprises

Pour sécuriser au mieux les entreprises, des dispositifs électroniques peuvent être mis en place comme :

  • Des lecteurs de badge
  • Des serrures sas fil
  • Des systèmes utilisant la technologie RFID
  • Des lecteurs biométriques

Le lecteur de badge permet aux personnes habilitées d’avoir accès dans les locaux. Seuls les employés possédant un badge magnétique peuvent pénétrer dans l’entreprise. Il leur suffit juste de passer leur carte devant la badgeuse pour que les portes s’ouvrent.

Les serrures sans fil sont composées d’un clavier électronique. Il faut rentrer un code que seuls les utilisateurs habilités connaissent pour avoir accès à des zones sécurisées.

Un badge RFID est composé d’une puce et d’une antenne qui va transmettre directement les données du salarié par le biais d’ondes radio. Ces données seront lues par un émetteur-récepteur. Donc aucun contact avec le lecteur n’est nécessaire.

Enfin, la pointe de la technologie est représentée par le contrôle d’accès biométrique qui utilise soit la reconnaissance des empreintes digitales, soit de l’œil. Ce sont des lecteurs très fiables et la biométrie est capable de reconnaître les changements du corps humain au fil des années.

Les obligations des employeurs pour garantir la sécurité en entreprise

La sécurité en entreprise est non seulement l’affaire des employeurs, mais également des salariés. La loi oblige l’employeur à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour garantir la sécurité physique et mentale de ses salariés.

Des procédures vont donc être mises en place pour sécuriser les entreprises et leurs employés dans des conditions optimales.

Les responsables qui ne respectent pas leurs obligations en matière d’hygiène, de sécurité et d’améliorations des conditions de travail des employés engagent leur responsabilité civile et/ou pénale. De même, les salariés qui ne respectent pas les procédures mises en place s’exposent à des sanctions disciplinaires.

Les employeurs et la prévention des risques professionnels

L’employeur se doit de respecter des règles concernant l’utilisation des locaux de travail et leur aménagement.

Quels sont les employeurs concernés ?

La sécurité obligatoire concerne :

  • Les employeurs privés
  • Les établissements publics à caractère industriel et commercial (Epic)
  • Les établissements publics à caractère administratif (Epa)
  • Les établissements publics de santé ainsi que les structures sociales et médico-sociales

Tous les salariés sans exception, qu’ils soient en CDI, intérimaires ou stagiaires, doivent bénéficier de ces obligations employeur.

Comment prévenir les risques professionnels ?

Les obligations employeur consistent à :

  • Mener des actions préventives des risques professionnels et de la pénibilité sur le lieu de travail
  • Informer et former les salariés sur la santé et la sécurité
  • Assurer l’organisation et la mise en place de moyens de travail adaptés

Ces mesures doivent permettre d’optimiser les conditions de travail existantes et s’appuient sur les actions de prévention suivantes :

Les systèmes anti-effractions et prévention des intrusions :

  • Limiter au maximum les risques et, si possible, les éradiquer
  • Remonter les risques jusqu’à la source pour mieux les combattre
  • Analyser les risques qui ne peuvent être évités et les analyser au mieux pour protéger les salariés
  • Adapter les postes de travail pour limiter le travail répétitif et monotone
  • Prendre en compte les progrès techniques
  • Remplacer les conditions de travail dangereuses par des conditions plus sécuritaires (remplacer par exemple les produits chimiques dangereux par des produits sains)
  • Mettre en place des systèmes anti-effractions en prévention des intrusions
  • Prioriser les mesures de protection collective aux mesures de protection individuelle
  • Adapter les mesures préventives en prenant en compte les relations sociales, la technique, les conditions de travail et les risques liés au harcèlement moral et sexuel
  • Informer les travailleurs sur les risques inhérents à leur poste de travail et sur les mesures prises pour diminuer ou supprimer ces risques
  • Organiser des sessions de formation pour les salariés

L’évaluation risque avec le DUERP (Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels)

La sécurité en entreprise passe par l’évaluation des risques pour les salariés. Ces risques sont étroitement liés à l’activité de l’entreprise qui dépend :

  • Du lieu de travail
  • De l’aménagement des postes de travail
  • Des équipements des salariés
  • Des produits chimiques
  • Des différents procédés de fabrication

Dès que cette analyse sera terminée, l’employeur va instaurer des actions de prévention et des méthodes de travail pour assurer la protection et la santé des salariés. Les résultats de cette évaluation vont être répertoriés dans un DUERP.

Ce document comprend un inventaire des différents risques relevés au sein de l’entreprise et les actions qui doivent être mises en place pour pallier ces risques. Ces risques sont classés en fonction de la pénibilité et de la dangerosité du travail.

La rédaction du DUERP fait partie des obligations employeur.

Important :

Le DUERP doit être remis à jour tous les ans. Il peut être consulté aussi bien par les salariés que par les représentants du personnel ou encore l’inspecteur du travail. Au cas où le DUERP ne serait pas rédigé et donc que l’employeur aurait failli à son travail de sécurité obligatoire, il s’expose à des amendes pouvant aller de 1500 à 3000 euros !

La sécurité sur les lieux de travail

Chaque employeur doit mettre à la disposition des salariés tous les moyens nécessaires pour garantir leur sécurité. Ainsi, les locaux de travail doivent toujours être propres, présenter les conditions de salubrité et d’hygiène indispensables et ne pas être encombrés.

Toutes les installations techniques comme les systèmes d’alarme en prévention des intrusions ainsi que les systèmes anti-effractions pour garantir la protection des biens et des salariés doivent être vérifiés périodiquement et toujours être opérationnels.

L’employeur est dans l’obligation de respecter des normes qui concernent :

  • L’éclairage (lumière suffisante dans les locaux)
  • Le chauffage
  • L’assainissement des locaux et leur aération
  • La protection contre le bruit (mise en place de capots anti-bruits sur les machines et distribution de protections auditives comme des casques et des bouchons d’oreilles aux salariés)
  • La signalisation des zones de danger par la mise en place de panneaux
  • L’aménagement des postes de travail, notamment des postes informatiques pour éviter les TMS (troubles musculo-squelettiques), la mise en place sur les écrans d’ordinateur de protection visuelle pour limiter la fatigue occulaire et le stress
  • Les installations sanitaires (lavabos, douches, wc) pour que les salariés assurent leur propreté individuelle
  • La protection contre le tabac (mise en place de zones dédiées spécialement aux fumeurs)
  • Le matériel de premier secours (pose d’armoires a pharmacie réparties a divers endroits de l’entreprise)
  • La prévention et la lutte contre l’incendie (installation d’extincteurs, de Robinets d’incendies armés, d’un réseau sprinkler) et des risques liés aux installations électriques (port de gants et chaussures de sécurité, lunettes de protection) 

Les sanctions pour non respect de la sécurité

Le droit du salarié

Si le salarié sent un danger grave ou imminent portant pouvant porter atteinte à son intégrité mentale ou physique, celui-ci peut exercer son droit d’alerte et de retrait.

Ce droit peut être appliqué également si le salarié constate un défaut avec les systèmes de protection. Dans ce cas, le travailleur doit alerter son employeur du danger ou un représentant du personnel ou en parler au CHSCT.

Le salarié peut arrêter son travail sans l’accord de son employeur et ne reprendre que lorsque tout danger sera écarté. Si le droit de retrait est exercé de manière légitime, aucune sanction ne pourra être appliquée ! Cependant, si ce droit de retrait est injustifié ou utilisé de manière abusive, le salarié s’expose à des sanctions comme une mise à pied, un retrait sur salaire ou un licenciement !

La responsabilité de l’employeur

L’inspection du travail peut venir contrôler si les règles de sécurité sont bien respectées dans l’entreprise. A défaut, l’employeur s’expose à des sanctions comme :

  • Un procès verbal et la mise en demeure en cas d’infraction constatée
  • L’arrêt des travaux sur un chantier en cas de danger grave et imminent
  • La saisie du juge des référés si l’intégrité physique d’un travailleur est atteinte

Tout employeur qui ne respecte pas les obligations de sécurité engage sa responsabilité civile si le salarié subit un accident du travail ou se retrouve dans un cas de maladie professionnelle.

L’employeur encourt également des sanctions pénales comme une amende pouvant atteindre 3750 euros ou plus et s’expose à des peines d’emprisonnement.

Tout savoir sur le CHSCT

En France, d’après les les articles L.4611 – 1 et L.4614 – 16 du Code du Travail, les entreprises comprenant un effectif d’au moins 50 salariés doivent avoir un CHSCT (comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail).

Cette organisation a pour objectif de défendre les intérêts du personnel dans une entreprise et se penche sur les problèmes liés à la sécurité, à la santé et aux conditions de travail.

Depuis le 1er janvier 2018, dans les établissements publics tournés vers l’industrie et le commerce ainsi que dans le secteur privé, il faut savoir que c’est la CSSCT (commission santé, sécurité et conditions de travail), anciennement CSE (comité social et économique), qui s’est substituée au CHSCT. Le CHSCT est également présent dans la fonction publique hospitalière.

Quelles sont les missions du CHSCT ?

Le CHSCT est une institution représentative du personnel dont les objectifs sont de:

  • Veiller à la sécurité des employés en prévenant les risques et de contribuer à ce que les salariés conservent leur intégrité physique et mentale ;
  • D’optimiser les conditions de travail des femmes en leur permettant de pouvoir occuper tout type de poste et de faciliter les problèmes concernant la maternité ;
  • De favoriser l’acclimatation des personnes handicapées à toute sorte d’emploi en arrangeant convenablement leur poste de travail et de faire en sorte qu’elles conservent un travail durant toute leur vie professionnelle ;
  • De s’assurer que les règles et leurs applications mises en place au sein du CHSCT ne sortent pas du cadre légal.
Le CHSCT permet d'étudier l'environnement où travaillent les salariés ainsi que les risques professionnels qu'ils encourent.

Le CHSCT a plusieurs rôles, notamment :

  • D’étudier l’environnement où travaillent les salariés ainsi que les risques professionnels qu’ils encourent ;
  • D’étudier minutieusement les dangers professionnels qui menacent les femmes enceintes, d’étudier la difficulté des conditions de travail ;
  • De veiller à ce que les risques professionnels soient évités au maximum et de suggérer des moyens d’optimisation ;
  • De procéder à des contrôles afin de vérifier si l’employeur respecte bien ses devoirs et contraintes en terme de santé et sécurité, et de veiller à ce qu’il mette tout en place pour prévenir les risques ;
  • De sensibiliser et de prévenir les risques de harcèlement moral ou sexuels et de comportements sexistes ;
  • De mener des investigations sur les origines des accidents de travail, des maladies professionnelles ou liées au domaine professionnel ;
  • De faire des recherches au cas où un danger pouvant avoir des répercussions graves et dans un court laps de temps viendrait à faire son apparition.

Les enquêtes obligatoires font partie intégrante des missions du CHSCT.

Les consultations relatives au CHSCT

Lorsque l’employeur, le comité d’entreprise ou les délégués du personnel ont des questions concernant le domaine de compétence du CHSCT, ils peuvent faire appel à lui. Si par exemple certains aménagements influant sur la santé, la sécurité ou les conditions des travailleurs sont effectués au sein de l’entreprise, le CHSCT doit être saisi (modification des articles de production, changement des outils entraînant une modification des postes de travail…).

Les contrôles du CHSCT

Les enquêtes du CHSCT doivent être effectuées régulièrement. Leur fréquence doit correspondre au nombre de réunions menées par les représentants.

Si un inspecteur ou un contrôleur du travail se rend dans l’entreprise, l’employeur doit avertir le CHSCT et ce dernier sera en droit d’émettre des remarques.

Les enquêtes du CHSCT doivent être effectuées régulièrement. Leur fréquence doit correspondre au nombre de réunions menées par les représentants.

Comment est composé le CHSCT ?

C’est l’employeur qui dirige l’organisme. Dans le secteur privé, il s’agit du responsable d’entreprise ou d’établissement ou la personne chargée de le représenter. Dans la fonction publique, c’est la personne habilitée détenant le pouvoir de décision et de contrainte qui assure cette fonction.

L’institution du CHSCT comprend :

  • Le président ;
  • Une délégation du personnel avec des membres élus par le CE (Comité d’Entreprise) et des membres des DP (Délégués du Personnel) ;
  • Le médecin du travail qui a pour rôle de surveiller la santé des salariés (il peut transmettre son pouvoir à une personne appartenant au groupe multidisciplinaire du service de santé au travail) .

Peuvent également prendre part aux réunions l’inspecteur du travail et l’agent de la sécurité sociale (chargé de la prévention).

D’autres personnes peuvent participer aux réunions au sein des entreprises présentant un risque industriel important : les membres qui représentent les responsables des entreprises extérieures ainsi que leurs employés.

Il est important de noter que la liste de toutes les personnes qui composent l’équipe du CHSCT doit être affichée dans les locaux professionnels et sur les postes de travail des employés. Si l’affichage est manquant, cela peut provoquer un dysfonctionnement dans l’organisation du CHSCT.

Le président du CHSCT peut être soutenu dans sa fonction. Pour ce faire, tous les membres doivent procéder à un vote et les futurs collaborateurs doivent être élus à la majorité.

L’institution du CHSCT comprend aussi un secrétaire choisi par la délégation du personnel.

Le nombre de membres faisant partie du CHSCT va dépendre du nombre de salariés de chaque entreprise en fonction des critères suivants :

Effectif de l’établissementNombre de représentants
0 à 199 salariés3 représentants (dont un membre du personnel de maîtrise ou des cadres)
200 à 499 salariés4 représentants (dont un membre du personnel de maîtrise ou des cadres)
500 à 1 499 salariés6 représentants (dont un membre du personnel de maîtrise ou des cadres)
+ 1 500 salariés9 représentants (dont un membre du personnel de maîtrise ou des cadres) 
Nombre de représentants du personnel en fonction de l’effectif de l’établissement

Certains cas particuliers nécessitent un nombre supérieurs de représentants, ou bien ce chiffre sera revu à la hausse en cas de décision unanime.

Tout savoir sur le mandat des représentants du CHSCT

Les membres du CHSCT sont élus pour une durée de deux ans qui peut être renouvelée.

Au cas où l’un des membres mettrait fin à ses fonctions ou serait dans l’obligation de les arrêter, son remplacement doit impérativement se faire dans les 30 jours.

Il faut soulever le fait qu’une personne appartenant au CHSCT peut également être déléguée syndical (DS) ou membre du CE (comité d’entreprise).

Les membres du CHSCT et les heures de délégation

Pour exercer leurs fonctions, les représentants du CHSCT doivent avoir à leur disposition un crédit d’heures octroyées par le responsable d’entreprise.

Toutes ces heures sont considérées comme des heures travaillées et doivent donc être payées en conséquence au tarif horaire normal.

Un tableau résume la somme minimale qui doit être rémunérée aux membres du CHSCT. Ces heures payées sont évaluées selon le nombre de salariés qui travaillent au sein de l’entreprise.

Tableau résumant le salaire octroyé aux représentants du CHSCT défini en fonction de l’effectif des employés dans l’entreprise :

Il faut savoir que tout le temps que vont passer les représentants du CHSCT lors des réunions ne sera pas retiré du nombre d’heures nécessaires à la délégation.

Le principe reste le même pour :

  • Tout le temps indispensable aux investigations réalisées à la suite d’un accident du travail avec des conséquences graves ou d’incidents récurrents ayant mis à jour un risque important ou encore une maladie professionnelle ou liée au domaine professionnel sévère ;
  • Toutes les heures permettant de rechercher des moyens de prévention efficaces concernant les cas impératifs et alarmants.

Quelles sont les armes du CHSCT pour mener à bien ses missions ?

Le CHSCT, lorsque certains cas l’exigent, peut recourir à certaines actions en justice pour faire valoir les droits d’un salarié.

Cette institution représentative a le droit d’intenter une action en justice car elle est reconnue comme une personne morale.

Si une situation présente un danger sérieux pouvant se produire immédiatement, le CHSCT dispose aussi du droit d’alerte.

Toutes ces actions sont soigneusement combinées au cours de réunions. Chaque trimestre, le responsable d’entreprise convoque les représentants du CHSCT pour organiser l’une de ces réunions.

Les membres présents dressent la liste des sujets à aborder et ils votent ensuite sur les différents choix qui ont été adoptés.

Le CHSCT a également autorité de faire des investigations et de faire des vérifications approfondies.

Hormis les réunions, le CHSCT va enquêter à l’aide de recherches méticuleuses. S’il estime avoir besoin de plus de renseignements sur un cas qui lui paraît représenter un danger éventuel, il pourra demander l’aide d’un expert qui opérera en étant financé par l’entreprise.

Les sauveteurs secouristes du travail (SST) en entreprise

En 2016 ont été recensés en France pas moins de 626 227 accidents du travail, ce qui représente 33.8 accidents pour 1000 salariés.

Bien que ces chiffres soient en légère baisse par rapport aux années précédentes, les entreprises doivent continuer leurs efforts pour diminuer les risques au sein de leurs locaux et protéger les salariés. C’est la raison pour laquelle chaque entreprise où sont effectués des travaux à risques doivent compter parmi leurs effectifs des sauveteurs secouristes du travail.

Qu’est ce qu’un sauveteur secouriste du travail (SST) ?

Un sauveteur secouriste du travail est un salarié qui a été formé aux techniques de premier secours afin de prodiguer les premiers soins à une victime en cas de malaise ou d’accident du travail dans une entreprise. Les SST doivent passer un recyclage tous les deux ans pour être constamment opérationnels.

Les sauveteurs secouristes du travail ont également un rôle préventif dans l’entreprise, c’est la raison pour laquelle ils doivent connaître les risques inhérents à leur lieu de travail.

Le fait de pouvoir repérer ces risques (matériel défectueux par exemple) est utile pour remonter diverses observations à la hiérarchie et aux personnes en charge de la formation.

A qui est destinée la formation SST et quels sont ses objectifs ? 

La formation SST est ouverte à tout salarié sans conditions particulières. Le but de cette formation est de rendre les employés qui l’ont suivie aptes à réagir efficacement face à une personne atteinte d’un malaise ou victime d’un accident en effectuant les gestes de premiers secours comme :

  • mettre la personne en PLS (position latérale de sécurité) pour ne pas qu’elle s’étouffe ;
  • tenir les bons gestes face à une victime souffrant de brûlures, de saignements, ou qui s’étouffe ;
  • savoir utiliser le défibrillateur au cas où la victime subit un arrêt cardio-respiratoire ;
  • connaître le nom des services d’urgence à alerter à l’extérieur de l’entreprise et le nom des personnes à contacter au sein des locaux et savoir comment les contacter ;
  • être capable d’identifier tout type de situation dangereuse dans l’entreprise et savoir à qui et comment transmettre ces informations ;
  • prendre part à la mise en place d’actions préventives et protectrices dans l’entreprise.
Le sauveteur secouriste au travail est une obligation dans chaque entreprise

Qui est concerné par l’obligation de formation d’un membre du personnel ?

Il faut savoir que la formation de sauveteur secouriste du travail n’est pas indispensable dans toutes les entreprises. Seules les sociétés au sein desquelles sont effectués des travaux dangereux sont concernées !

Par contre, certaines sociétés sont dans l’obligation de compter des secouristes parmi leurs employés, comme par exemple :

  • les entreprises au sein desquelles les salariés effectuent des tâches dangereuses ;
  • les chantiers nécessitant au moins 20 ouvriers qui vont accomplir des travaux dangereux et qui vont travailler pour une période supérieure à 15 jours.

Comment est évalué le danger dans une entreprise ? 

Préparation de la démarche d’évaluation du danger 

Cette procédure consiste à identifier et à classer les risques professionnels et à mettre en place des actions de prévention. La démarche d’évaluation des risques permet d’optimiser le fonctionnement de l’entreprise en renforçant la maîtrise des risques déjà identifiés, mais en mettant également l’accent sur les risques futurs ayant un effet non immédiat liés à la mise en place de nouvelles structures ou au recours à de nouveaux employés (intérimaires, CDD…).

Au final, une démarche préventive doit favoriser le développement de la compétitivité de l’entreprise aussi bien au niveau humain qu’au niveau économique. 

Pour constituer cette démarche, le chef d’entreprise doit :

  • s’engager fermement sur les buts ainsi que sur les différentes conditions nécessaires à une bonne préparation et communication ;
  • choisir convenablement les outils adéquats en fonction de l’activité de l’entreprise et de sa taille ;
  • s’organiser rigoureusement afin de pouvoir agir en toute autonomie (c’est l’employeur qui dispose du pouvoir de décision pour assurer la parfaite maîtrise des risques) ;
  • pouvoir regrouper les salariés pour discuter avec eux sur l’identification des risques, leur classement et les différentes actions préventives qui vont être proposées ;
  • choisir, après avoir consulté le CHSCT et les instances représentatives, quels salariés seront aptes à mener les actions de protection et de prévention.

L’évaluation des risques 

La démarche d’évaluation est une action structurée qui requiert les outils suivants :

  • l’identification des dangers ;
  • l’évaluation des risques ;
  • le classement des risques.

Pour identifier les différents dangers, il faut soulever toutes les propriétés correspondant aux équipements de travail et tous les problèmes biologiques et chimiques pouvant être suscités par l’activité même de l’entreprise ou par les méthodes de fabrication.

Ces dangers peuvent être liés également aux plannings des employés qui effectuent des horaires décalés (postes 3 X 8 par exemple) et qui ont un impact sur le physique et/ou le mental des employés.

Ces risques doivent ensuite être scrupuleusement analysés afin de connaître les conditions de travail des salariés (niveau de pénibilité) correspondant à chaque poste de travail.

Pour bien analyser ces risques, des vérifications peuvent être effectuées à l’aide de documents comme des grilles et des questionnaires à remplir, la réalisation d’entretiens pour bien connaître le travail de chaque employé et l’observation des statistiques existantes (nombre de maladies professionnelles, d’accidents du travail…).

Enfin, il faudra dresser un classement de ces risques afin de pouvoir évaluer le niveau de dangerosité de chaque poste de travail. Il faut lister les risques et mettre en place un plan d’action logique.

Le niveau de danger peut être classé dans un tableau allant du niveau 1 au niveau 5, le premier stade représentant un risque faible et peu probable, et le niveau 5 un risque très grave et très probable. 

Cette étape a pour objectif de discuter sur les actions prioritaires à mettre en place selon le danger représenté et leur degré de répétition et doit favoriser la planification d’actions afin de réduire le risque au maximum, l’idéal étant de le supprimer complètement.

Quel rôle joue le sauveteur secouriste du travail ?

Un SST est spécialement formé pour effectuer les gestes de premier secours sur une victime (connaissance de la conduite à tenir comme savoir faire un massage cardiaque, des insufflations, utiliser un défibrillateur et réagir correctement face à une personne qui saigne… ) et placer la personne accidentée en sécurité.

Le SST connaît les procédures d’appel d’urgence et sait qui il doit alerter dans l’entreprise (personnes habilitées) et les services de secours extérieurs à l’entreprise (pompiers, SAMU).

Quel rôle joue le sauveteur secouriste du travail ?

Le SST est un élément majeur dans une entreprise. Il est capable de mettre en évidence les situations dangereuses et sait exactement à qui il doit relayer ces informations.

De plus, le SST peut aider l’employeur à rédiger le document unique d’évaluation. Ce document contient les résultats de l’évaluation des risques professionnels qui sont :

  • l’ossature de l’évaluation ;
  • le procédé désigné d’analyse des risques et les moyens mis en place ;
  • le système de classement adopté ;
  • la liste des dangers déterminés et expertisés ;
  • les actions à instaurer. 

C’est l’employeur qui est chargé de prévoir la formation caractéristique du SST grâce à un moniteur spécialisé en sauvetage secourisme. Le salarié peut être envoyé par le chef d’entreprise dans un centre de formation spécifique pour apprendre les gestes de premiers secours, ou bien le moniteur expert peut venir faire la formation au sein de l’entreprise.

Les risques encourus par l’employeur en cas de non respect de son obligation d’avoir un SST dans l’entreprise

Un employeur qui manque à son obligation de ne pas avoir d’employé formé aux techniques de premier secours peut subir des sanctions par l’inspecteur du travail comme être mis en demeure si le problème n’est pas résolu dans le mois qui suit.

Si, au bout d’un mois, le chef d’entreprise n’a toujours pas formé un salarié au sauvetage secourisme du travail, le responsable encourt une amende de 10 000 euros.

Maintenant, même si vous êtes une petite entreprise où ne sont pas effectués de travaux dangereux, vous pouvez tout de même posséder un salarié formé au secourisme.

Quant aux entreprises dans lesquelles les risques d’accidents sont plus élevés, il est judicieux pour elles de disposer de plusieurs salariés formés aux techniques de premiers secours.

Le protocole d’urgence

Il est important de signaler qu’un employé formé au sauvetage secourisme du travail ne peut se substituer à un infirmier.

Si l’entreprise ne possède aucun infirmier, ou que le personnel infirmier ne peut être présent en permanence dans les locaux pour porter secours à une victime, l’employeur doit impérativement faire tout ce qui est en son pouvoir pour garantir les premiers secours aux personnes atteintes de malaises ou victimes d’un accident.

Ces dispositions ne peuvent être mises en place qu’après avoir obtenu l’avis d’un médecin du travail.

De plus, l’employeur doit communiquer l’ensemble de ces dispositions aux services de secours extérieurs et les mesures doivent être proportionnelles aux dangers qui règnent au sein de l’entreprise.

Il est nécessaire de rappeler que les établissements pratiquant une activité industrielle doivent impérativement disposer d’un infirmier si leur effectif est compris entre 200 et 800 salariés.

Un infirmier doit obligatoirement être employé dans tous les autres établissements dont l’effectif est compris entre 500 et 1000 salariés.

Maintenant, si le nombre de salariés excède ces chiffres, les entreprises devront avoir recours à un infirmier supplémentaire.

Conclusion

Le responsable d’entreprise doit, après avoir consulté le médecin du travail, élaborer un procédé qui permet d’assurer les premiers soins aux employés malades ou victimes d’un accident.

Cela passe par l’instauration de mesures à appliquer en cas d’urgence jusqu’à l’arrivée des secours extérieurs. Les lieux de travail doivent être équipés de matériel de premiers secours (armoires à pharmacie par exemple) faciles d’accès et conformes au niveau de danger.

Les entreprises où sont exercées des travaux dangereux et les chantiers nécessitant la mobilisation de plus de 20 salariés sur une période dépassant 15 jours doivent impérativement disposer d’un salarié formé aux techniques de secourisme du travail.